3- Nouveau financement des universités : vers une mise en concurrence.

Publié le par UNEF

Chaque année les universités reçoivent de la part de l’Etat, leur Dotation Globale de Fonctionnement, ce mode de financement est désormais modifié. 

Jusqu'à présent es DGF étaient calculées selon le nombre d’étudiants inscrits, selon les besoins de la filière et selon le nombre de mètres-carrés à entretenir… Désormais 20% de la DGF est calculé selon des critères de performance (taux insertion professionnelle, taux de réussite, nombre de chercheurs publiant), et 80% selon le nombre d’étudiants présents aux examens.


Le financement à la performance des universités pose un problème dans le sens ou le financement sera plus conséquent pour les universités d’ores et déjà performantes. La réforme du financement aura pour conséquence directe d’accroitre les inégalités entre les universités et les étudiants en accentuant la concurrence. De plus, dans un contexte de pénurie, où les promesses budgétaires ne sont pas au rendez vous pour les universités et les étudiants, la ministre joue la carte de la provocation et soumet les budgets des facs à une logique de concurrence. La France est toujours en retard sur le financement de l’enseignement supérieur par rapport aux pays de l’OCDE, seul 2,12% du PIB est consacré pour les dépenses d’enseignement supérieur et de recherche contre les 3% promis par Nicolas Sarkozy.


Des financements calculés selon le nombre d’étudiants passant les examens.

Cette réforme est avant tout démagogique, et ne fait que stigmatiser les étudiants en les accusant de ne manquer de sérieux et de ne passer leurs examens. La mise en place de ce critère, va creuser les inégalités entre les établissements. Ce sont les universités accueillant un public en difficulté qui seront délaissées puisque leurs taux de « décrocheurs » (étudiants abandonnant leurs études en cours de route, et qui par conséquent ne passent pas leurs examens) seront plus importants. En effet, les étudiants décrochent avant tout faute de moyens pour financer leurs études, c’est pour ces raisons que les universités de banlieues et de proximité ont plus de décrocheurs, car le milieu social des étudiants est marqué avant tout par la précarité.                                          

Le mode de calcul du financement fait également peser la responsabilité de l’échec sur les étudiants, alors que l’échec incombe aujourd’hui au système et à son fonctionnement.               De plus, ce critère va aggraver la situation de pénurie budgétaire dans certains établissements, il place également les universités dans un système concurrentiel, qui peut mener les universités à sélectionner les étudiants selon leur potentiel à passer les examens.


20% du financement en fonction des performances des universités.

Désormais, les crédits alloués en fonction de critères liés à la performance représentent 20% de la totalité de la dotation. Les budgets des universités reposeront désormais en partie sur la réalisation d’objectifs (taux de réussite, taux d’insertion professionnelle, publication des enseignants-chercheurs), qu’elles n’ont pas forcément les moyens d’atteindre. Les universités sont mises en concurrence, seules celles qui rempliront leurs objectifs pourront bénéficier d’un budget à hauteur de leur besoin.                                                                        

Par ailleurs la prise en compte des taux d’insertion professionnelle dans le budget des universités est dangereuse. Les universités ne sont pas responsables du chômage. Selon leurs bassins d’emplois, les universités connaîtront des taux d’insertion pro différents, ce qui creusera les inégalités de financement entre les universités.


Le gouvernement met en place un enseignement à deux vitesses.

La réforme du financement des universités va donc permettre à l’Etat de financer différemment les universités et donc de créer un enseignement à deux vitesses. Au lieu d’encourager les universités qui auraient besoin d’aide pour assurer leur mission de service public, le gouvernement les pénalisent. Les universités remplissent une mission de service public d’Education, et par conséquent doivent être capables d’assurer partout leur mission d’enseignement et de recherche.

Publicité

Publié dans Loi d'autonomie

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article